Blog de voyage au Chili
Bilan Chili
Notre coup de coeur
- Valparaiso, ville portuaire colorée et bohème, symbolisée par ses magnifiques ascencores et ses peintures murales
Les autres lieux qui nous ont beaucoup plu
- Le tour du Lago Llanquihue notamment, les belles plages en face du volcan Osorno, le beau village un peu perdu de Puerto Fonck, les nombreuses églises en bois de la région
- Valdivia et son étonnant marché aux lions de mer
- Certaines parties du parc Torres del Paine, notamment : les couleurs surréalistes du parc, le Glaciar Grey et la peu connue prairie des Guanacos.
Ce qui nous a moins plu
- Le côté ultra touristique de la rando du Torres del paine. Si le parc est magnifique, la rando perd un peu de son charme tant il est fréquenté : camping bondé et groupes bruyant sont le prix à payer en pleine saison touristique.
- Les heures passées aux douanes « Argentine – Chili » (que nous avons passées un sacré paquet de fois) notamment pour contrôler que nos sacs ne contenaient pas de fruits/fromage etc.
Ce qui nous reste à faire
Beaucoup...Nous n'avons passé que 3 semaines au Chili. Nous aimerions notamment faire :
- Une croisière au milieu des fjords de la patagonie chilienne
- L'épique carretera australe
- Le nord du Chili : du désert d'Atacama à Arica
Valparaiso, la perle du pacifique
Valparaiso - du 19 au 21 févrierIl flotte dans l'air de Valparaiso quelque chose de magique. Cette ville, malgré ses trop nombreux fils électriques et la saleté des rues, nous a littéralement séduite.
Valparaiso est une ville portuaire et colorée construite en hauteur sur des cerros.
Si elle est, d'après les dires de notre hôte, la plus pauvre ville du Chili, elle garde l'empreinte d'un passé prospère. Ses « ascencores » construits il y a plus d'un siècle permettent de rejoindre les cerros et sont classés au patrimoine mondial de l'Unesco, il reste également quelques beaux bâtiments d'époque. Mais ce qui rend Valparaiso incontournable à notre goût, c'est paradoxalement qu'elle est construite sur les mêmes concepts que toutes les villes chiliennes que l'on a traversées jusqu'à présent. Elle a une très forte identité chilienne avec ses maisons très colorées, souvent seulement constituées de bois et tôle, ses vendeurs d'empanadas, ses chiens errants...
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Le tout étant mis en valeur, poussé à son paroxysme, par ses reliefs qui font apparaitre les façades les unes au dessus des autres afin de former un tableau cubiste.
Valparaiso, proche voisine de Santiago, est une ville complètement bohème. Il y faut s'y balader à l'instinct pour découvrir au hasard d'une rue une fresque murale, un tag de grande qualité, une mosaïque, une vue incroyable, ou plus terre à terre, quelqu'un qui vous dira de ne pas continuer dans cette direction car c'est trop dangereux.
Bref, Valparaiso est un véritable musée à ciel ouvert, vivant car chaque œuvre lutte pour son espace vital.
Voir toutes les photos de Valparaiso
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>> infos pratiques
L´Hostal Casa Verde Limon est un hotel chouette, original et coloré, situé près du centre touristique de Valparaiso qui vous plongera immédiatement dans l'ambiance magique de Valparaiso. Nous le recommandons très fortement.
Valdivia, son marché aux lions de mer
Valdivia - 18&19 février - 1 journée & 1 nuit
Une courte mais rigolote étape. L'attraction principale de la ville est son marché aux poissons jusqu'où les lions de mer viennent quémander leur nourriture.
Des grosses bêtes qui ont quitté leur milieu naturel et leurs rochers pour vivre dans un fleuve et paresser sur des blocs de bétons qui bordent le fleuve.
Nous pouvons les approcher de près. Il vaut néanmoins mieux garder une petite distance. Le lion de mer justifie son appellation de lion en émettant un rugissement assez effrayant dès qu'on s'approche de lui. Hors de l'eau, l'animal ne paraît pas vraiment sympathique mais dès qu'il plonge dans le fleuve, il retrouve grâce et habilité. Peut-être se sent-il moins vulnérable dans l'eau que sur terre où chaque mouvement semble lui demander un effort considérable?
Puerto Varas - Lago Llanquihue
Puerto Varas - Lago Llanquihue - du 12 au 18 février
L'autobus qui ne marque normalement pas d'arrêt à Puerto Varas nous dépose gentiment à proximité. Rien de plus simple, un petit arrêt sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute et le tour est joué.
Nous voilà dans cette station balnéaire Chilienne, où si nous ne sommes pas les seuls backpakers, la grande majorité est chilienne. Ce lieu est un des grands lieux du tourisme chilien. La région a une végétation et une agriculture très proche de la Normandie : Champs de blé, maïs, vaches, moutons, hêtres, chênes, mûres sauvages...
Et si elle n'a pas les superbes falaises de craie, elle n'est pas en reste car les reliefs des Andes et les volcans (En particulier le Osorno) façonnent de manière harmonieuse le tour du lac. Lac dont la température dépasse nettement celle de la Manche.
Autre particularité, une très forte influence allemande, des physiques et des noms de famille allemands importés en même temps que de la main d'oeuvre qualifiée.
Ce lieu n'a pas de normand que sa végétation. Le climat y est aussi normand, pluie, vent, nuages, mais aussi de belles élaircies.
Même si la météo pour les prochains jours n'est pas au beau fixe, nous entreprenons de faire le tour du lac en vélo. (~200km), un petit chariot nous permet d'emporter tente, vêtements et nourritures.
La première journée de vélo, nuageuse nous permet d'atteindre en 65km dont 5 difficiles de piste de tôle ondulée en pente la petite ville de Petrohue. Puis un voyage en barque d'atteindre l'autre rive où il y a quelques maisons, des vaches, des poules et un endroit où poser notre tente.
La seconde journée, le temps se lève enfin, après 15km à peine de vélo, nous nous posons sur une plage pour une journée de glande (La première vraie depuis le début du voyage). En fin de journée nous pouvons enfin voir le volcan Osorno sans nuage.
Nous campons dans le jardin d'un vieil homme qui compte en tirer quelques pesos.
De nuit noire, nous rentrons de diner, en vélo à la lumière d'une lampe de poche. Au bout de quelques minutes, nous passons en un instant en plein jour. Nos cerveaux sont incapables de comprendre la cause de ce phénomène. Nous avançons de quelques mètres pour avoir une vue dégagée. La source de cette lumière intense est une étoile filante que l'on voit finir de traverser le ciel passant d'une lumière blanche à une lumière verte.
Le lendemain matin,le vieil homme, Albeto Gonzales, nous invite pour le petit déjeuner. Nous le quittons après une bonne heure de discussion.
La troisième journée s'annonce plus difficile que prévue, de la piste en tôle ondulée avec de méchantes montées et des descentes dont nous ne profitons pas, la route en mauvais état nous secouant. En début d'après midi, une petite pluie se transforme en déluge.
Nous partons nous abriter. Au bout d'un temps certain, nous profitons d'une accalmie toute relative pour repartir. Nous arrivons au bout de 40km à Puerto Fonck, qui sur la carte parait être une ville de taille semblable aux autres mais qui en fait n'abrite que 30 âmes. On nous indique la seule auberge susceptible de nous loger... Laquelle nous refuse, pour finalement nous accepter, la tenante de l'auberge ayant eu pitié de nous, trempés des pieds à la tête. L'auberge est très agréable, et la vie s'organise autour du poele ou l'on fait de la confiture de mure, chauffer l'eau pour le maté et sécher les vêtements dont les nôtres.
Nous repartons le lendemain sans aucune certitude sur la météo qui finalement s'avèrera agréable. Halte le soir à Frutillar pour l'étape la moins agréable du trajet même si la ville en soit avec son architecture allemande est très jolie et fait penser à un futur St Trop' chilien.
Le 5eme jour retour tranquille à Puerto Varas pour boucler ce tour de 200km.
Voir toutes les photos de notre tour du lac
La météo pour nous qui vivons surtout dehors est une préocupation quotidienne, surtout quand on fait du vélo. N'ayant pas toujours la possibilité de consulter la météo sur internet et encore moins souvent à la télé, il nous arrive fréquemment de demander à l'autochtone les prévisions. Celui-ci nous fait le plus souvent part de ses pronostiques, dans le meilleur des cas il nous citera les prévisions du journal tout en les critiquant pour enfin donner sa version. La prévision de l'autochtone est systématiquement le statut-quo : s'il fait beau il continuera à faire beau, s'il pleut il continuera à pleuvoir... Le seul paramètre changeant est la durée de validité associée au pronostique, elle va d'un après midi à 2 jours. C'est ainsi que l'on se sera vu prédire par 2 fois 2 jours de beau temps la veille et le matin du déluge.
Torres del Paine
Torres del Paine - El Chalten - Fin janvier 2009 - 5 jours
Le W. Nous étions partis pour faire le W. 4 jours, 3 nuits pour 100km. Pourquoi le W? Car il s'agit de 3 vallées parallèles à voir: le trajet ne forme donc pas une boucle, il ressemble à un W.
La veille aura été consacrée à la composition des repas pour les 5 jours à venir. Au menu, du lyophilisé: Soupes, Sauces... mais aussi pâtes, saucisses, céréales, confiture. Bref que du bon ! A votre avis quel poids de nourriture avions nous emmené? (20 points pour le plus proche)
A l'arrivée au parc (à 150km de Puerto Natales), le beau temps n'est pas au rendez-vous. Nous décidons donc de faire le trajet dans le sens permettant de finir par les Torres en espérant que d'ici là la météo aura décidé de les laisser visibles. Autre décision prise, celle de se rajouter une journée de marche, qui nous permet d'éviter d'avoir à prendre un catamaran et laisse une journée de plus au beau temps pour se décider à venir.
Nous restons donc un peu plus dans l'autobus qui nous éloigne un peu plus de notre objectif final. Choix immédiatement récompensé par la vue lors du trajet, d'un Puma à moins de 5 m, chose extrêmement rare. N'ayant pas l'appareil photo greffé à la main, nous n'avons pas le temps de prendre de photo de cet animal de 2m de long. Un peu plus tard nous prendrons le temps de lire la notice afin de savoir comment réagir si ce genre de rencontre venait à se reproduire et que nous ne nous trouvions plus dans un véhicule.
La première journée de marche est un peu pénible, avec un fort vent de face 50 à 60km/h et nos sacs complètement chargés (20kg Théo, 14kg Virginie) . Elle est mise à profit pour observer lors de quelques éclaircies les deux immenses massifs séparant les trois vallées que nous foulerons lors des prochains jours, le tout entouré de lacs d'un bleu turquoise surnaturel.
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A l'arrivée au camping après 18km de marche, nous sommes un peu décus. Surtout en comparaison avec nos campements de la Tierra del Fuego. Le camping payant y est sale, bondé, sans vue et sans protection contre le vent. Petite récompense, le soir nous rencontrons une famille chilienne qui nous invite à passer chez eux si nous en avons l'occasion, alors que nous avions à peine entamé la discussion.
Durant la nuit la tente montée méthodiquement sans négiger un seul point d'attache resiste bien aux rafales. Mais le bruit provoqué par les rafales s'engouffrant sous le double toit nous reveille très régulièrement.
Après une mauvaise nuit et un matin pluvieux. Vers 11h, la pluie se calme. Nous partons à l'assault du glacier Grey, laissant notre tente et en emportant avec nous de quoi faire un repas et lutter contre la pluie et le froid. Après quelques heures de marche... Le choc, le glacier, pourtant situé à 200m d'altitude, est gigantesque (15km de long soit 2 fois la mer de glace, mais surtout 5km de large!!). Difficile de se rendre compte de l'immensité du glacier, il n'y a aucun repère de dimension suffisante. Le cerveau ne croit pas ce que l'œil voit, il corrige, minimise. Phénomène courant en montagne, en nous le faisant paraître plus petit, le cerveau nous le fait aussi paraître plus proche. Il n'y a que les heures de marche passées à s'en approcher qui nous permettent de juger de l'immensité réelle. Le temps passé permet d'apprécier l'espace. Il ne semble en permanence qu'à 300m, mais des heures de marche rythmée par le bruit de craquement des glaciers nous en séparent. Nous décidons de faire un peu de trajet que celui prévu pour aller vers un autre point de vue. Nous capitulons, nous ne pourrons pas le voir de dessus: A 14km de notre campement et à 19h (il nous reste alors 3h de "soleil) nous faisons demi-tour pour les 14km de retour. Nous arrivons au crépuscule (22h) au camping après une journée de 9h de marche à un rythme soutenu. Épuisés, mais heureux d'avoir approché ce glacier et motivés pour en voir d'autres.
Quatrième jour, belle météo, Journée marathon pour rattraper le retard pris la veille avec les sacs sur le dos. Nous arriverons à notre objectif près une journée de plus de 12h de marche et de près de 30km dans un environnement toujours aussi superbe et surprenant.
La dernière journée, réveil vers 9h, un peu tardif car nous avions prévu de nous lever le plus tôt possible pour notre dernière journée. Le soleil, masqué par les arbres n'aura pas joué son rôle. Mais le pari est gagné, le temps est parfait, pas trop de soleil mais une vue dégagée. Après une montée au pas de course avec quelques passages éprouvants, nous admirons les gigantesques tours de granites sortant de façon surprenante du sol qui donnent leur nom au parc. Notre entrainement des jours précédents aura fait son effet, 28km fait en moins de 6 heures pour près de 10 données (il faut dire que la montée sans les sacs est beaucoup plus facile, on se sentirait presque pousser des ailes).
Les Torres del Paine
Nous plions le camp et de retour à la civilisation, un petit bond en auto stop nous emmène au point de départ du bus. Là nous profitons des quelques heures gagnées pour aller rendre une petite visite à nos amis les guanacos. On applique la même technique qu'en terre de feu pour approcher les oiseaux. On s'approche doucement en regardant dans une autre direction, on s'assied, on attend un peu que les bestioles s'accoutument à notre présence, à ce moment, tout en restant accroupis, on s'approche encore un peu... Et ainsi de suite, certaines bêbétes intriguées s'approchent, d'autres nous oublient complètement et peu après on se retrouve au milieu du troupeau. Là il ne reste plus qu'à bondir pour en dévorer un. Miam...
En fait non, ca c'est plutôt le travail du Puma;) Nous on se contente de prendre des photos.
J'en profite pour vous parler d'un Aïeul Thirion (Eugène), qui au 18ème siècle fut un des pionniers des tourdumondistes (Asie et Amérique latine). Il avait déjà parfaitement intégré les notions de tourisme durable et équitable. Il ne partait jamais sans son ancètre d'appareil photo, lui permettant de ramener des souvenirs de la faune rencontrée : la carabine. Sans doute avec des techniques proches de celles décrites précédemment, il s'approchait de la faune puis tirait sur tout ce qui bouge pour l'empailler ensuite. Ce genre de pratique est actuellement mal vue dans les parcs nationaux. Tout comme embraser quelques hectares de forêt pour se réchauffer... Enfin si ses récits de voyage vous intéressent, je peux vous fournir les références.
La gadoue
Il y a en en montagne une cohabitation nécessaire entre les randonneurs et les rivières. Tous préfèrent la montagne l'été, ont leurs trajets préférés. Mais voilà les uns surtout horizontaux et les autres surtout verticaux ne manquent pas de se croiser. Le randonneur respecte la rivière, il ne la piétine pas, tout au plus il va poser quelques grosses pierres pour pouvoir la traverser. Mais la rivière ne l'entend pas ainsi, première occupante des lieux elle se bat pour son territoire. Souvent elle renverse les pierres, parfois elle déborde, de temps en temps elle entreprend de transformer sournoisement un joli plateau en un marécage incontournable. Jusque là rien de critiquable, elle était là la première, et ne fait que défendre son territoire. Parfois elle trouve à son goût les sentiers façonnés, dessinés par les randonneurs au cours de nombreuses années. Le chemin est creux, dépourvu de végétation, cela plait à la rivière. Elle s'y installe et entreprend d'en enlever la terre. Ça le randonneur n'aime pas, c'est la gadoue, ça mouille les chaussettes et salit chaussures et pantalons! C'est la victoire de la rivière sur le randonneur... Victoire fréquente en Patagonie :(.


